C’est long de laisser trois ans une lettre sans réponse, or la vôtre est en souffrance depuis bien plus longtemps. J’avais espéré qu’elle se répondît à elle-même, ou que quelqu’un d’autre s’en chargeât. Mais elle est toujours là, avec sa question – Que faire, selon vous, pour prévenir la guerre ? – demeurée sans réponse.

3 guinées.jpg

Voilà ! L’odeur est bel et bien là. Le loup est sorti du bois ; et c’est un mâle.

Après avoir analysé les preuves contenues dans ces trois citations, vous conviendrez qu’il y a une bonne raison de penser que le terme « mademoiselle », au parfum si délicieux dans l’intimité du foyer, ne saurait se départir à Whitehall d’une certaine odeur qui déplaît aux nez en vis-à-vis, et il est vraisemblable qu’un nom précédé de « mademoiselle » sera, à cause de cette odeur, relégué dans les sphères inférieures où les salaires sont bas plutôt que promu dans les hautes sphères où les salaires sont conséquents. Quant au terme « madame », c’est une infection ; une obscénité. Il est préférable de le prononcer le moins possible. L’odeur en est si nauséabonde, la puanteur si obsédante pour les narines de Whitehall, que Whitehall le bannit purement et simplement. À Whitehall comme au paradis, le mariage est proscrit.