Bon, soyons honnêtes : qui n’a jamais pensé à faire appel à un démon pour enfin cesser de se compliquer la vie ? Surtout en terme de séduction et en termes de carrière professionnelle, les points les plus importants dans la vie. Le type qui nous raconte cette histoire oscille entre la banalité la plus totale et une certaine propension à la lose. Grâce à une incantation bancale, il va invoquer un démon de seconde zone, arrogant et magouilleur, mais plutôt efficace.

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Or, on le sait tous, quand on demande une faveur à un démon, il y a un prix à payer. équipé d’un talisman en guano d’or (oui, du caca de chauve-souris, mais en or), le narrateur va donc se retrouver à devoir tuer, et de plus en plus, pour obtenir les faveurs désirées. Mais tout n’est pas si simple, même quand on prend un certain goût au meurtre gratuit…

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Dans ce roman déjanté, à la fois gothique et urbain, John Wayne Communale, auteur américain underground porté sur l’horreur, s’amuse à chatouiller nos principes et notre morale. Après tout, est-ce si grave de tuer si l’on n’est pas pris et que l’on peut obtenir ce dont on a toujours rêvé ? Peut-être pas tant que ça après tout. Mais ces pauvres humains cupides n’ont pas idée des guerres qui se jouent dans des dimensions infernales ni de ce qui les attend. En attendant de signer un pacte avec un démon pourri, il y a ce livre, véritable petite pépite de genre, qui se lit comme on regarde un bon film d’horreur.

Tara Lennart, Bookalicious, 27 mai 2020 

C’est à ce moment-là que je me suis mis à tuer tous les jours. Enfin, c’est à ce moment-là que j’ai dû me mettre à tuer tous les jours si je voulais qu’il remplisse sa part du contrat. Par lui je veux dire Bazael, que j’ai surnommé Baz. Baz est… l’entité pour laquelle je tue tous les jours. La plupart des gens affirmeraient à tort que c’est un démon, mais ils ne savent pas que les démons n’existent pas.

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— Arrête ces conneries, dit sèchement Baz, manifestement agacé par mon ton sarcastique. Le temps nous est compté ! Si tu ne veux pas renoncer à ton âme, parfait. Il ne te reste plus qu’à tuer encore et encore pendant que le Planning ne cesse de s’alourdir jusqu’à ce que tu ne puisses plus continuer, et que tu te retrouves dans une merde absolue. Tu mourras seul, sans argent et probablement en prison, et alors ta précieuse âme s’envolera vers toutes sortes de royaumes où tu finiras vraisemblablement par être réduit en esclavage pour l’éternité. De cette façon, tu sais ce qui t’attend, et ce que tu as à y gagner. Ça me semble évident, mais je n’ai jamais compris pourquoi vous autres humains réfléchissez de cette manière.

Et ça a commencé comme ça ; en toute innocence et la mort dans l’âme, comme il en va de la plupart de tout ce qui est nouveau et étrange avant qu’on s’y habitue.

C’était mon quatrième meurtre en trois jours. Le troisième datait de moins de huit heures, mais Baz avait insisté. Il avait l’air différent aussi, comme s’il était nerveux. Peut-être pas nerveux, mais il était manifestement tendu. Le sentiment d’urgence dans sa voix était bien plus fort qu’auparavant, quand nous avions discuté des meurtres précédents. Je décidai d’imputer ça au fait qu’il nous fallait agir vite avant que quelqu’un ne consulte la vidéo de surveillance du bureau, mais malgré tout quelque chose… clochait.