"L'écriture de Chris Kelso est comme un coup de poing dans le ventre qui vous plie en deux et vous colle à la page. La façon dont sa prose abrasive véhicule son imagination ressemble à un duel dans un bar entre Bradbury et Bukowski, dont le lecteur sort vainqueur. Les univers dans lesquels il nous entraîne sont d'une telle laideur qu'on ne peut qu'admirer leur beauté."

 

Chris Boyle, BizarroCast

Titres à paraître aux Éditions du 38

La Cafard ronge la ville ; I Dream of Mirrors ; Terence

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Mes os étaient comme rajeunis, fragiles. Vous n’avez sans doute pas entendu la moindre histoire apocryphe à mon sujet parce que personne ne semble me connaître. Mon corps est une feuille de papier d’un manuscrit défraîchi, un origami ayant la forme d’un homme. Ma vie a été fourrée dans une sacoche. Portée à des éditeurs et refusée par la majorité. Ses mots sont mes mots.

 

D’où la question : Qui est l’auteur ?

 

Notre ville est une ville avec des édifices tellement hauts et resplendissants qu’ils en défient presque l’ingéniosité humaine. « Le Jardin des géants », enfin, comment ne pas se sentir insignifiant quand l’immeuble de bureaux le plus bas s’élève à 525 mètres au-dessus du niveau de la rue ? À présent il flotte dans l’air une pincée de sang cuivrée, une amandine odeur diffuse d’os et de pourriture…

  • bref.

 

Le zombie moderne ressemble un peu à votre fondamentaliste classique ; toujours en quête, à jamais consumé, et même animé, par des instincts de conservation primaires et un besoin d’appartenance. Aah, ce que c’est que d’appartenir. Il doit bien y avoir un but (forcément). Collectivement, ils se nomment eux-mêmes Les Citoyens.

Terence, mephisto & Viscera Eyes.jpg

Terence jappa de joie. Qu’il était facile d’être publié ! Quand on songe que Phil se plaignait d’être écrivain, y avait sacrifié sa vie amoureuse et s’était peu à peu laissé gangrener par la drogue. Terence ne comprenait pas comment il était possible de ne pas réussir à écrire !

Terence acheva 10 histoires en tout et les cacha sous son panier. Il en était très content et ne tarda pas à se convaincre qu’il deviendrait peu ou prou un écrivain majeur. Sa grammaire et son orthographe n’étaient pas parfaites, mais il se dit que les humains apprécieraient son style authentique, sans détour – le fait qu’il soit un chien sachant à peine lire et écrire aurait certainement l’attrait de la nouveauté !

Poème à paraître dans "Stonewall - Recueil Collectif" : un projet littéraire au profit de l’association Urgence Homophobie.

Pour en savoir plus https://www.facebook.com/StonewallRecueil/

L'écharde sous la peau

La façon dont nous faisons l’amour, dont nous nous imprégnions et fusionnions dans l’obscurité

Je ne retrouverai jamais cela

Tourner la page n’est qu’un moyen de m’en sortir

Sans toi

Je n’ai jamais connu de corps-à-corps

Semblables aux nôtres

Sur un matelas à même le sol

Dans mon premier appartement

Le soleil tapant au-dehors

Puis la nuit, après le travail

Tu débarquais chez moi avec du vin

Et nous nous réfugions sur le matelas

Je n’ai jamais goûté à la confiance

Jusqu’à ton vin

Je n’ai jamais dansé jusqu’à ce que tu me guides

Je ne suis pas grand mais tu m’as donné l’impression d’être un géant

Comme je me mouvais en toi

À présent il y a un manque

Un trou qui se creuse du fait de ton absence

Qui s’était trop habitué au luxe

Qui bée désormais comme jamais

Car tu as trouvé un nouveau matelas

Une nouvelle nuit pour t’abandonner

 

Un nouveau vide à remplir pour un temps

Jusqu’à ce que dans ton dos un ressort ne t’importune

Alors tu reprendras ta quête

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